PERMIS DE TUER : NOTRE SILENCE NOUS REND COMPLICE
JUSTICE ET VERITE POUR HAKIM !!!
Cet appel s’adresse à tout les militants qui luttent pour la justice, quelque soit leur conviction. Chacun peut ainsi se reconnaitre à travers cet appel, et nous invitons chacun à le diffuser largement.
Nous sommes conscients que le soutien à la Palestine est devenu au fil des années une cause revendiquée par de plus en plus de monde, notamment des jeunes issus des quartiers populaires. C’est ainsi que nous nous adressons plus particulièrement aux militants pro-palestiniens, à tous ceux qui sont réellement actifs pour la cause palestinienne et qui font avancer les choses à leur échelle. Diverses initiatives sont régulièrement mises en place, réunissant de nombreuses personnes, et en tant que militants pro-palestiniens actifs nous nous félicitons de l’ampleur que prend régulièrement le combat pour la justice en Palestine.
Mais le constat est le suivant : pourquoi les personnes les plus promptes à s’indigner et à se révolter contre les crimes commis en Cisjordanie ou à Gaza sont-elles si silencieuses lorsque des exactions sont perpétrées dans leur quartier ou à quelques kilomètres de chez elles ? Plus largement, de nombreuses organisations, syndicats, partis politiques, appellent à se mobiliser pour diverses causes, que nous ne renions pas, mais concernant les crimes et les violences policières c’est le silence total. Des moyens humains et économiques sont mis en place pour des luttes dites sociales ou humanitaires, mais qu’en est-il lorsque la mobilisation est pour soutenir une famille victime d’un crime policier, pour réclamer la justice et la vérité ? Rien, si ce n’est une ou deux personnes portant l’étendard ou la banderole de leur organisation pour les plus investis, sinon une signature sur un appel, ou le silence le plus éloquent…
Un bref rappel des faits
Le 8 mai 2008, Hakim Ajimi est mort suite à une interpellation par des policiers de la Brigade anticriminalité.
Les rapports d’expertise médicale concluent que la mort du jeune homme est due à une asphyxie mécanique consécutive à une compression thoracique et une clef de bras pratiquées par les policiers avec trop de force et durant trop longtemps.
En mai 2010, les juges d’instruction de Grasse en charge du dossier, avaient rendu une ordonnance de non-lieu partiel pour les deux fonctionnaires de la BAC. Suite à l’appel de cette décision par le parquet, ces deux policiers ont été renvoyés le 9 septembre devant le tribunal correctionnel de Grasse pour homicide involontaire.
Du 16 au 20 Janvier 2012 c’est tenu le procès de sept membres des « forces de l’ordre » impliquées dans la mort de Hakim Ajimi. Deux policiers de la brigade anticriminalité (BAC) jugés pour « homicide involontaire », un policier municipal et quatre fonctionnaires de Police secours pour « non-assistance à personne en danger. »
Le 24 février 2012, des peines de 6 à 24 mois de sursis ont été prononcées à l’encontre de trois des sept policiers impliqués, les autres étant relaxés. Du sursis… Une justice à deux vitesses, encore et toujours… Les policiers ont même fait appel de cette décision, tout un symbole, à nous de profiter de cet appel pour continuer à réclamer la justice pour Hakim.
Permis de tuer
Lors de ces rendez-vous au tribunal, les syndicats de police se déplacent en nombre, pour soutenir les meurtriers, et inculquant dans l’esprit collectif que les policiers n’ont fait que leur travail. Le 28 février 2012, la quasi-totalité de la BAC de Grasse a même déposé un rapport de démission en soutien à leurs collègues condamnés. Ce n’était que du bruit, ils ont évidemment tous réintégrés leur poste. S’en est suivi deux nouveaux rassemblements à Nice, dont un important devant la préfecture. Qu’ont-ils fait de leur devoir de réserve ? Notre silence face à ce jugement et aux provocations des syndicats de police nous rend complices, complices des futurs homicides de la part des forces de l’ordre, car le verdict de ce jugement n’est ni plus ni moins que la délivrance d’un nouveau permis de tuer. Les policiers sont-ils au-dessus des lois en France ? C’est donc à nous de répondre à l’appel et d’être présents en nombre le jour J afin de rétablir la justice et la vérité sur les faits !
En faisant le parallèle avec la Palestine on ne compare pas les deux situations, ni les deux contextes, mais la souffrance de la mère, de la famille de Hakim, a-t-elle moins de poids que la souffrance vécue par une famille palestinienne qui pleure l’assassinat d’un des leurs ? On fait des manifestations, des rassemblements pour des faits d’injustices se déroulant à des milliers de kilomètres, et quand cette injustice se produit sous nos yeux on fait rien ? On baisse la tête et on oublie ? La mère de Hakim ne mérite-t-elle pas un soutien au même titre que les mères palestiniennes ?
On doit tous se battre contre cette forme d’indignation sélective. C’est la mode de militer pour la Palestine, de s’afficher un drapeau à la main en pleine manifestation, mais dénoncer les crimes policiers reste un combat de l’ombre. Pourquoi ? Est-ce que c’est une cause moins noble ? On est prêt à faire des milliers de kilomètres et dépenser des sommes d’argent colossales pour aller en Palestine, s’afficher à Gaza, à Jérusalem, mais on n’est pas capable de se rendre au tribunal pour soutenir la famille de Hakim. C’est cette logique qu’il faut changer. Une injustice reste une injustice, où qu’elle se produise, un crime reste un crime, causé par un soldat israélien ou les forces de l’ordre de notre cher pays des droits de l’homme.
Nous, habitants des quartiers, des centres-villes, nous subissons quotidiennement les injustices, celles-ci se soldant parfois comme pour Hakim par un homicide. Nous avons prioritairement un travail à faire concernant ces situations qui ruinent la vie de beaucoup d’habitants. C’est en étant d’abord forts et unis ici qu’on sera beaucoup plus efficaces pour soutenir les luttes menées ailleurs. Sans pouvoir et sans rapport de force sur notre territoire, c’est impensable d’avoir un poids quelconque à plus grande échelle. On n’est pas capable de se défendre ici, face aux injustices quotidiennes, et on voudrait jouer les sauveurs à des milliers de kilomètres ? Comment peut-on prétendre aller briser les chaînes de l’oppression là-bas, lorsqu’on traine nous-mêmes le poids des injustices comme un boulet attaché au pied…
LE COMITE VERITE ET JUSTICE POUR HAKIM APPELLE A UN PREMIER RASSEMBLEMENT LE 12 JANVIER A GRASSE SUR LE LIEU DE LA MORT DE HAKIM.
LE RASSEMBLEMENT DEVANT LA COUR D’APPEL D’AIX EN PROVENCE AURA LIEU LES 14 ET 15 JANVIER, NOUS APPELONS TOUTES LES ORGANISATIONS ET SURTOUT TOUT LES MILITANTS SE RECLAMANT DE LA CAUSE PALESTINIENNE A VENIR SOUTENIR LA FAMILLE DE HAKIM ET EXIGER LA JUSTICE POUR CET HOMICIDE !!!
MIB 34